RENÉE MARTEL : QUAND JE M’INSTALLE POUR RÉFLÉCHIR.

SUR LA ROUTE DU CINEMA, Par Dan Albertini
Ou, le courage de relire sa vie, sans caméra, sans mise en scène, sans fin
Dan Albertini

Depuis quelques jours, c’est l’adrénaline brute qui parle. Plus besoin de simuler, pour créer, d’inventer des situations pour générer l’ambiance. Pour moi c’est la pression accrue au quotidien. Je stimule une pression accrue depuis mon retour le 12 avril dernier, il me faut créer un cinéma haïtien avec ma démarche fétiche. Comme ma recette fétiche pour le café : quatre sucres, trois crèmes. Ça vous vient, c’est ma thématique de sept pour en faire un sujet, puis la révision plus la critique. J’ai ainsi mon ouvrage. Cependant, je parle de créer un cinéma haïtien, même en dehors d’Haïti. Je suis en consultation avec un psychiatre retraité pour vérifier la thérapie proposée comme théorie. Haollywood. Pour ma santé mentale aussi. Je dis bien santé, pas autre chose, précaution d’équilibre. Pierre m’a regardé dernièrement, curieux, me dit : << ah, je commence à comprendre, tu veux aller les chercher là où ils sont pour les conduire dehors >>. Pierre a compris que je propose de rentrer en boîte à dessin. Pierre me regarde, me dit : << tu es dangereux >>, partit comme en fuite. Effrayé peut-être, il a pris mon manteau, a laissé sa chemise de laine accrochée et est parti loin, vers les fonds du Québec avec ses propres histoires à la Pétrov, à la Bigras, à l’Haïtienne, sans plus donner de nouvelle depuis. Eternel V. m’a tout simplement dit cette semaine : « tu as fait fuir Pierre ».

Je me suis alors posé la question suivante : qui sont ces Québécois de souche qui nous ressemblent tant ? Nous Haïtiens émigrés de Duvalier qui avions immigré à René Lévesque pour se faire offrir un besoin intégrateur, de gens qui dans leur patrie intime, comme le disait Joël Des Rosiers, un autre psychiatre, dans Métaspora, cultivent un esprit de cowboy, de cowgirl pour se définir. Country, paf ça tombe. Nous, country un autre pays, eux, country une autre vie musicale. De retour tout country confondu on se cherche pour ne plus se retrouver dans la grosse marmite frêt qu’est le Québec. Eux, Drumonville (paysan), Gildor Roy présentateur, les valeurs inversées d’un juge paysan à la citée. Cause : image télé et intégration régionale.

Lecture après lectures, sciences, arts, culture, religion, éducation, toutes confondues pour se définir, j’ai été me plonger différemment dans ce Québec profond mais venu à Montréal, de Renée Martel. Danielle Laurin raconte sa vie sans la caméra. Père malade, fille inquiète, descendance joyeuse. Oui, Nous dans le décor. La vraie raison de la fuite de Pierre le psy. Pourtant, aucune caméra n’a encore cerné cette image réelle, tel que Pierre le suggère pour nous Haïtiens, de paradoxes en paradigme, même s’il préfère le théâtre au cinéma hollywoodien. D’où son inconfort avec Haollywood, pour la porter à l’écran. Qui sont ces Québécois qui nous ressemblent tant ?

Si, je dis bien si, et seulement si, puisque nous sommes sur la route du cinéma. Si une caméra m’interrogeait sur ma compréhension de Renée Martel, je dirais. Je dirais que nous avions continué à émigrer de Duvalier bien qu’il fut lui-même exilé et dorénavant mort, comme nous avions poursuivi l’immigration vers tiprèl, bien qu’il soit évincé et longtemps décédé. Pour le fait français en Amérique. Québec-Haïti devient plus qu’une langue, mais deux phares pour une culture. La vie d’artiste c’est aussi ça, quand on est une étoile on ne meurt jamais, on s’allume, on s’éteint pour se rallumer. Et, en éclairer une autre. Pour cette fois-ci et pour Renée seulement, je ne signerai Merci d’y croire, mais Je me souviens !

dan@danalbertini.com