Jack Bauer Bientôt au Pays des Canards pour Interrogatoire de la Classe Politique

CHRONIQUE IN RÊVERIE DE L’ARCHELOIS EN EXIL Par Jean Willer Marius

  • Jack Bauer Bientôt au Pays des Canards pour Interrogatoire de la Classe Politique

Les récents événements survenus en Haïti, le crématorium du 8 juillet en fait est interprété at large : incendie, barricade enflammée, pillage, etc. Le politicien haïtien monte au créneau, finauderie atavique héréditaire mal peaufinée, seul référant de plates dénonciations, de propositions réciproques non réfléchies en sus. Permettez l’inclusion car ce n’est une excursion ni une incursion : réciproques non réfléchies. La forme réfléchie n’étant admise en créole sinon en français, le président a ainsi cité « inclusif » mais en exclusion du français officiel, dans son discours tardif, kidonk nap pale kreyol. De là, toute proposition relative réciproque non réfléchie, ne m’en voulez pas, c’est une règle de la finauderie haïtienne précitée car le libellé du bulletin du CEP pour la présidence 2015 est en français et non an kreyol. Quelle affaire pour la plume de l’autre !

Des bribes d’informations sont lâchées au prorata de la lâcheté, forme de règlements de compte entre groupes rivaux de la mafia. Un peuple effrayé, face à un autre peuple apparemment soulagé jouissant des délices de ses rapines, attend avec impatience que le mot du droit soit placé. Le commissaire divisionnaire en charge qui a déclenché la série par l’éviction illégale des voisins du président est encore en poste, sanctionne en DPP le filou de rue en trinquant avec le voyou d’État. Entre temps, Chronos inexorablement suit son cours.

Et la vérité dans tout ça !

Ceux qui, comme moi ont suivi, aimé la télésérie américaine du réalisateur Howard Gordon 24h chrono, sont probablement partagés entre des sentiments mitigés au sujet de son héros tortionnaire, Jack Bauer. Nous avons peut-être tous estimé qu’il est allé trop loin. Quand on voit le mafioso se faire passer pour le gentilhomme, honnête citoyen payant ses taxes ou le bandit jouer à sa légitimité légale, on attend fébrilement le moment où Jack Bauer intervient pour lui faire cracher la vérité, dénoncer ses complices. Sauver la nation.

L’abstention est toujours un droit mais en réserve.

La tentation de revenir à la pratique : tortures duvalériennes, lavalassiennes, est à éviter. Oups, pht-kiennes. En outre, quand on arrive inexorablement vers l’excipit, la purge souhaitée, de cette classe politico-bourgeoise en infraction semble faire appel au JackBauer-isme. Dans la saison 9 de 24h chrono, Jack Bauer s’étonne lui-même de sa conduite et affirme que sa plus grande désolation c’est de voir que malheureusement, le monde a besoin d’hommes comme lui. Est-ce si vrai, en ce moment, en Haïti, sans vouloir attiser le feu ? Un besoin si urgent de l’agent Jack Bauer pour faire cracher la vérité sur des dossiers qui font croupir la population ? Le dirigeant ancien déchu ou actuel se pique d’innocence tant il est en carence alors que ex aequo il est au courant des magouilles perpétrées rhétoriquement durant la décennie écoulée. Rhéto… oui, car il y a une université ici. 

C’est dans l’Haïti sale hideuse que l’on sait, que se déroulera la 10e saison inédite de 24h chrono. L’ordre dans lequel l’interrogatoire sera mené est étalé. N’est pas professeur melensyel klerensyel degidon, sous le manteau des arts je suis couvert par l’immunité ! Du tarmac je distingue Jack B. Il se dirige directement chez lalo le grand argentier assit sur la belle-rive, ensuite à tabarre où sont réunis : lanbert-o-cato, amaral, erivo & J3. De ceux-là, plus de vérité se sera dévoilée sur les quais du vrai visage de mécréants transformés en homme d’état dans ce trou ; rats et canards sont loi. À ce moment précis, youri leliève du 1030 quai-colon, regarde ailleurs comme pour déprécier et préciser que le divorce des compères est publiquement consommé. Gad mashe’l !

Le bruit court, Jack Bauer est dans la zone métropolitaine, senatebulos tente de retourner voir jean-bachar aristide, comme au temps de la commission sur la rentrée des classes en conférence de presse tenue au Palais National, par un capitaine et deux ministres dont celui de l’éducation, en 1994. Sortant du Bureau rotatif du président, sb s’improvisa conseiller informateur en traversant les couloirs du Palais, la caméra était là. Oh le sénatè au pouvoir déchu, Chloé a déjà piraté son téléphone, ou, Abbi dans NICS, excusez l’usage car le chef marioendresol n’était-il pas « denzel » lors de ses meilleures scènes de police ? Le même coup qui a perdu brand-t. Alocalisé, il ne peut plus se déplacer. Troisième sur la liste, bulos en compagnie d’aped et de loran la morte, dévoile tous les bas-fonds de sa classe responsable de tous les malheurs au pays des canards. Le lecteur avisé se demande, mais quand va-t-on interroger et arrêter ti simone ?

J’insiste, je suis toujours sous le manteau de l’immunité artistique, je ne suis irrévérencieux, d’ailleurs ce sont de tinoms comme le veut la tradition en Haïti où l’on est le nom de sa profession. Boss d’entreprise, patron, ouvrier, tibos; professeur, metla ! J’obéis à l’effet de littérature proéminente depuis le millénaire.

Coup de théâtre, ti simone ne sera pas interrogé. Apprenant que titid a déféqué… lors de l’annonce de Jack à son fort, le pleutre de ti simone se rend lui-même en langue déliée comme logan et débite tout ce qu’il sait de son avènement macabre, de celui de jov au pouvoir : CIRH, accords bidons,  G de pétrocaribe, contrats juteux avec voisin pedro, qui contrôle le trafic de la poudre blanche, la richesse inédite de gwo sosso & filii, bref ti simone débite tout ce qu’il sait sur agritrans, les chaudrons sur lesquels jojo est assis, tiraillé de part et d’autre par les dinosaures qui veulent encore et toujours plus. Paradis fiscaux, franchises douanières, exonérations. Ces Néron assoiffés qui continuent de traire la vache qui donne du sang car le lait a tari depuis longtemps. La presse enclavée est tenue à l’écart, senatebulos étant absent à l’invité du jour de valnumar.

Résultats, les sommes faramineuses placées en banque privée sont dévoilées, restitution s’impose. Réparation : ti nicolas décline. On passe des accords, pas moins de 7G sont ainsi réunis pour redémarrer l’économie insulaire et les coupables sont placés en détention. Des prisons fédérales chez Bauer. Compatriotes, complices de nos misères. Haïti, pays de canards, commence à se servir de ses ailes. Libéré du poids de ses avatars, et comme l’aiglon, on commence, prend son envol, d’abord timide car les ailes sont encore ankylosés, lentement mais surement, on navigue. Souffle d’une jeunesse de nouvelle ère, on se développe, on regarde du haut de son perchoir les progrès d’à côté et on appelle à de nouveaux investisseurs étrangers pour implémenter les G de la restitution. En vue, nourrir physiquement mentalement le canard. Qui, peu à peu recommence à croire qu’il peut lui aussi voler. Que le sombre moment est passé, plus jamais la population n’aura à périr de faim de soif d’inculture pour que des malfrats puissent se payer des châteaux en Espagne.

Jov nous a dit de rêver, rêvons mais réveillons aussi.

Merci si l’on se disait plus jamais !


cet article est publié en collaboration avec l’hebdomadaire Haïti-Observateur, exclusivement.

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