Les discussions sur la réforme du Conseil de sécurité au sein de l’Assemblée générale durent depuis près de deux décennies, sans que des progrès, même minimes aient été enregistrés.

Bien que le sujet soit évoqué régulièrement par les grandes puissances –et en premier lieu par celles qui ont un siège permanent assorti de l’exorbitant droit de veto, le sujet reste « tabou. » Elargir le nombre de membres permanents, n’est pas une priorité sur l’agenda bien au contraire : « Nous ne parvenons pas à obtenir un consensus sur des dossiers brulants, alors imaginez si nous étions encore plus. Cela mènerait à plus de blocage, » déclarait il y a peu, un diplomate occidental.
Tout le monde reconnait que la réforme du Conseil de sécurité est fondamentale et qu’elle se doit de refléter les réalités du monde d’aujourd’hui, « tout en renforçant sa capacité à assumer pleinement ses responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales », a déclaré François Delattre, le représentant français.
De nombreux diplomates, dont Mr. Tanin, l’ambassadeur d’Afghanistan ont pourtant proposé aux Etats membres un document concret sur les modalités possibles de la réforme, mais aucun accord n’a été trouvé pour faire avancer ce projet sur la voie de l’élargissement du Conseil. Même si au cours des discussions qui ont eu lieu lors de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations unies, une majorité de membres de l’ONU a déclaré souhaiter une reforme, dans la pratique, les modalités restent à préciser car floues.
Curieusement, à chaque fois qu’on aborde le sujet de l’élargissement du Conseil de sécurité, des diplomates expliquent qu’une étape significative a été franchie. Certes, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il est temps que le Conseil tienne compte de l’émergence des nouvelles puissances qui, conformément à la Charte des Nations Unies, sont en mesure d’apporter une contribution importante à l’action du Conseil. Notamment des pays tels que l’Allemagne, le Brésil, l’Inde et le Japon, qui ambitionnent un siège en tant que membres permanents du Conseil de sécurité. Le continent Africain aimerait pour sa part voir l’Afrique mieux représentée, aussi bien en tant que membres permanents que non-permanents.
Il reste toutefois un sujet épineux, c’est celui du veto et de son utilisation. La réunion ministérielle qui s’est tenue le 25 septembre, co-présidée par les ministres des affaires étrangères de la France et du Mexique, a démontré qu’un grand nombre d’Etats-membres soutient l’initiative qui consisterait pour les cinq membres permanents du Conseil de sécurité à s’abstenir volontairement et collectivement de recourir au veto lorsqu’une situation d’atrocités de masse est constatée.
La France espère aboutir à un accord avec les autres membres permanents du Conseil de sécurité dans les mois à venir.
Celhia de Lavarene, Octobre 2014

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