Teresa Elias : une femme pas comme les autres

Il est difficile de mettre Teresa, femme dynamique, dans un cadre voire dans une catégorie. Elle a consulté pendant des années, écrit des livres, fait de la radio. Mais son principal intérêt c’est l’être humain et la façon dont, à travers la science et la parole, il peut avoir une vie plus simple et plus agréable. En suivant quelques conseils. Basé sur ses recherches, ses études et son expérience, elle a développé un outil unique, une analyse de personnalité, beaucoup plus précis qu’un test traditionnel. Basée sur la médecine et la psychologie, cette analyse convient aussi bien pour les petits que pour les grands. Pour bien comprendre ce qu’elle fait, nous avons eu la chance de la rencontrer à Genève où elle vient d’ouvrir son cabinet.
Q : Vous avez développé un modèle unique, en quoi consiste-t-il ?
Il consiste en un questionnaire chargé d’étudier notre mode de fonctionnement à travers notre système sensoriel. C’est ce dernier qui permet les échanges entre le monde extérieur et notre mode de fonctionnement interne. Il mesure notre capacité à suivre et à s’adapter à une situation, un environnement particulier. Dans cet environnement, bien souvent, il y a des influences et des interactions. Ce que je mets en lumière, c’est comment l’homme se situe en temps réel, comment il peut faire face à son milieu ambiant pour trouver ses propres réponses. C’est un peu comme si vous faisiez en même temps une prise de sang, un scanner, un IRM et une radio. Vous voyez exactement comment vous fonctionnez, dans quel état vous êtes, et vous obtenez la meilleure réponse aux questions que vous vous posez. Lorsqu’ils sont confrontés à un problème, les gens se posent des questions : que dois-je faire et comment le faire ?
Q : Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Ce qui m’a toujours plu, c’est l’être humain. Depuis toujours, je cherche à comprendre son mode de fonctionnement. J’ai commencé par la psychologie, puis j’ai évolué vers la neuroscience pour comprendre comment l’être humain fonctionnait et analyser ce qui se passe au niveau de sa tête. Comparer la tête et le corps et j’ai découvert qu’il y a un tout qui forme un ensemble.
J’ai fait un parcours atypique, parce que je ne me suis pas mise dans une case, ni dans une niche. Si j’avais fait uniquement un parcours comme je l’avais envisagé au départ, je ne serais pas là. J’ai voulu découvrir, explorer l’être humain tout simplement. Mais pour cela il faut être un peu multi-facettes et transversale, se donner le temps d’explorer et de chercher des liens existant entre les deux sphères.
Q : Où ce type de recherches vous a-t-il menée ?
J’ai compris qu’aujourd’hui on peut avoir une visibilité sur nous-mêmes, sur notre mode de fonctionnement complètement objective et non subjective. Par exemple, il existe beaucoup de tests de personnalités très intéressants, mais qu’on peut analyser, découper et interpréter. Or, ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment trouver objectivement, face à une situation ou à un problème, la meilleure réponse sans pour autant savoir ce que la personne pense. Comment elle a fait. Quel est son parcours etc. Parce qu’il y a un ensemble de choses. En fait mes recherches m’ont conduite à pouvoir analyser en temps réel et rapidement, la situation de la façon la plus objective et donner la réponse la plus adéquate à la personne.
Q : Pourriez-vous nous expliquer la façon dont cela se passe ?
Cela passe généralement par un entretien en face à face. Lorsque des personnes ne peuvent se déplacer, je peux conduire l’entretien par téléphone. Il y a donc un entretien pour comprendre la situation, pour savoir si effectivement je peux apporter quelque chose. Souvent on appelle cela « faciliter la situation ». En fait, c’est ainsi que l’on peut nommer le type de profession que j’exerce : facilitateur.
Si je vois que je peux apporter quelque chose, – cela peut être juste une information par rapport à l’attente de la personne – je le fais. Ou, à défaut, je fais une analyse en profondeur qui me permet de voir immédiatement comment la personne fonctionne et sur quoi elle va pouvoir s’appuyer pour atteindre au mieux ses objectifs.
Q : Nous vivons dans une période difficile et les gens se posent quantités de questions. Si je vous dis que j’ai beaucoup de stress, comment pouvez-vous m’aider ?
Si une personne vient me voir pour son stress, je dirais qu’il faut qu’on en discute car au niveau psychologique, il y a le bon stress et le mauvais stress. Sans stress nous n’irions nulle part, car un peu d’adrénaline permet de réussir les challenges et notre corps en a besoin. Après, il y a le mauvais stress comme lorsqu’il y a en permanence quelque chose qui vous pèse. Il faut en discuter pour bien comprendre la situation. Je vais alors écouter la réponse que va me donner la personne par rapport à son stress mais, n’étant pas dans son corps, je vais utiliser mon analyse pour trouver la meilleure réponse qui va l’aider à s’en sortir. Je pourrais lui donner uniquement un conseil avisé par rapport à mon expérience, mais je préfère lui parler comme à monsieur et madame tout le monde. Ce qui m’intéresse, c’est sa différence. Lorsqu’on fait cette analyse, je lui démontre sa différence et son besoin. Peut-être que son stress, ses difficultés, sont un symptôme d’autre chose. Il se peut que son problème soit d’ordre physique, par exemple.
Le stress peut venir d’autre chose. On n’est pas stressé par hasard. Je ne connais encore pas les difficultés de la personne qui vient me voir, mais elles peuvent avoir une incidence sur son corps. Elle peut se sentir tendue, mal dormir etc. mais cela peut venir de plein d’autres horizons. Il faut bien comprendre quelle est la cause du stress avant d’agir.
Ce n’est pas ma réponse qui est importante, c’est la réponse du corps.
Q : J’ai l’impression que votre modèle peut servir à beaucoup d’autres choses. Pourriez-vous par exemple aider un jeune à trouver son chemin ?
A travers l’analyse, on peut par exemple voir si une personne a un tempérament qui l’incite à agir seul ou si c’est une personne qui aime travailler en équipe. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment la personne va réagir, comment elle fonctionne. Donc oui on peut donner des réponses selon le tempérament. Correspond-il à ses objectifs de carrière ? A travers l’analyse on peut voir si cette personne a la capacité de gérer un groupe. Par exemple, il y a des personnes qui ont fait des études supérieures mais qui sont incapables de diriger de grandes entreprises : au-delà de 200 personnes à diriger, l’individu peut être en danger.
Selon notre tempérament, certains sauront très bien gérer, mais nécessiteront une structure intimiste car ils ont besoin de relationnel, etc. Nous ne fonctionnons pas tous de la même façon, et lorsqu’on sait quel est son mode, effectivement on a des réponses pour un jeune. Ensuite, ils pourra optimiser sa recherche et obtenir des résultats. Il capitalisera automatiquement sur son avenir tant professionnel que personnel.
Q : Pourrais-je faire appel à vos services pour que vous m’aidiez à choisir le candidat le plus apte au profil que je recherche, si je dirigeais une compagnie ?
Oui, complètement.
Q : Pourriez-vous venir en aide à une équipe si les gens ne parviennent pas à travailler ensemble ?
Bien entendu. Cette analyse est fantastique parce qu’on voit la capacité humaine de la personne et comment elle peut mieux agir au sein d’une équipe. Forcément la synergie de chacun va être mise en commun pour optimiser les résultats. J’ai fait cela quelques fois, et les résultats ont été rapides et exceptionnels.
Q : Nous sommes dans un contexte international. Pensez-vous qu’il y a une différence entre le contexte anglo-saxon, français et le reste du monde ?
Bien entendu puisque notre culture et notre comportement sont différents et ont indéniablement une influence. Lorsque l’on arrive dans un pays quel qu’il soit – je suis d’origine étrangère et je l’ai vécu – il faut un temps d’adaptation qui n’est pas mesuré. Or, il faut toute suite être rentable. L’homme doit pourtant prendre le temps de s’adapter à la situation. C’est comme si vous étiez un arbre et qu’on vous déracinait pour vous mettre dans une autre région. La première des choses à faire pour un spécialiste, c’est d’aller voir c’est le terrain, si la nature est bonne, etc. Lorsqu’il s’agit d’êtres humains, connaissant leur potentiel et leur mode de fonctionnement pour s’intégrer, ils peuvent se sentir en faute, pas reconnus, devenir dépressifs et développer des pathologies physiques.
C’est extrêmement facile à gérer. Si on expliquait à chacun son mode de fonctionnement par rapport a la nouvelle culture qui va l’environner, ce que son corps a besoin de mettre en pratique, ce serait très simple. La personne reçoit sa propre réponse et va s’adapter au mieux.
Q : Si j’ai bien compris vous pouvez rendre service à des équipes, des gestionnaires de personnel ainsi qu’à toutes sortes d’individus ?
Totalement. Lorsque vous facilitez la vie de la personne cela concerne toutes les activités et tous les domaines. Si l’être humain a un problème ou un besoin, il doit savoir que son corps peut répondre présent. Laissez-moi vous donner un exemple : en face d’une situation difficile, que ce soit au travail, au sein d’une famille ou dans les études, que se passe-t-il ? Si la personne se trouve dans une situation délicate, son corps va faire l’effort de lui insuffler l’énergie nécessaire pour qu’elle s’adapte à la situation. Le corps répond toujours présent. Si on sait tout suite comment faire face, on évite des dégâts, pas seulement physiques, mais mentaux, psychologiques et d’ordre professionnels.
Q : Vous avez également écrit un livre, pourquoi ?
J’ai écrit un livre qui s’appelle Ose ! En fait, on parle du corps mais tous les corps de métiers ont un langage spécifique. La médecine a ses codes, par conséquent il fallait traduire ce langage en mots pour mieux expliquer les maux…
J’ai beaucoup travaillé dans ce domaine. Mettre des mots sur l’attitude de la personne. Lorsqu’on s’adresse à quelqu’un, il faut comprendre très vite. Il y a cinq éléments qui jouent à travers nos échanges, et qui sont liés à nos cinq sens. C’est à travers ces cinq sens que nous allons pouvoir nous adapter au mieux. Dans ce livre, j’ai essayé de montrer quels étaient ces cinq sens, comment ils sont traduits en mots. Cette recherche m’a pris plus que 25 ans pour la développer. Ça semble facile mais je vous assure que cela ne l’est pas du tout.
Q : Comment peut-on vous contacter?
Par téléphone au + 41 78 930 74 04 ou par email à teresa.b.elias@gmail.com

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